Paroisses catholiques du secteur de Champagnole
Ce dimanche 19 Septembre, famille, amis, paroissiens et anciens paroissiens du père Rambert Ferrez s'étaient réunis pour fêter avec lui son jubilé Or: Quelle belle journée ! Vous pourrez en avoir un aperçu, en lisant ci-dessous l'homélie du père Rambert à cette occasion, et en feuilletant l'album photo souvenir ...
HOMELIE POUR LE DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010
SAINT-PIERRE en GRANDVAUX – 10 H. – C –
CELEBRATION AVEC LES LAICS POUR LE JUBILE D’OR SACERDOTAL de l’Abbé Rambert FERREZ –
C’est dans les années 1943-1944, qu’est née ma vocation autour de mes dix ans. Cela serait bien si je pouvais dire que j’ai entendu une petite voix : « Rambert, veux-tu devenir prêtre ? » mais ça ne s’est pas passé comme cela.
Tout simplement, élevé dans une famille chrétienne et pratiquante, nous y récitions la prière en famille - parfois coupée de bons fous rires - j’étais attiré vers ce qui se passait à l’église, on m’y faisait servir la messe si bien que des plus jeunes m’ont rappelé que nous la simulions dans mon grenier : l’hostie était un bout de carton ; je mimais les gestes du prêtre ; à l’élévation, les plus petits sonnaient la clochette.
Je n’apprenais pas bien mon catéchisme au point que Mme Hélène Gros m’a dit bien plus tard : « J’aurais pensé plutôt que
ce serait Dédé (THEVENIN) qui entrerait au séminaire car il était toujours premier.
Lorsqu’une personne entrait chez nous, elle demandait parfois : « que veut-il faire plus tard ? Maman répondait à ma place car
j’étais timide : « il a envie de devenir prêtre ! » la personne, en ce temps-là, concluait ainsi : « c’est bien, petit ! ».
Comme on trouvait étrange et pas commun mon prénom, j’ai demandé à mes parents pourquoi ils avaient choisi « Rambert ». ? Alors que Maman m’attendait, en 33, un nouvel évêque était nommé pour notre diocèse : il arrivait desChartreux de Lyon et s’appelait Rambert Irénée Faure.
Maman, très pieuse, décide d’aller à Saint Claude par le train pour son intronisation. 2.
Pieuse, mais femme avant tout, elle a trouvé cet homme beau et a dit : si j’ai un garçon, je l’appelle Rambert ce qui fut fait puisque je suis là devant vous.
Je pense, après coup, que notre curé d’alors a porté témoignage : L’Abbé Gentet ; il avait le souci des vocations et était un peu notre modèle. De plus, il était ouvert sur le monde, organisait des voyages, occupait les jeunes par les théâtres, faisait partie de la clique à la Chaux, assurait les messes en se déplaçant à vélo ou à ski ; toutefois, certains dimanches d’hiver, après l’évangile, il tournait les talons - probablement fatigué - et regagnait l’autel sans prêcher ; alors Papa Denis qui appréciait les sermons, le sanctionnait en mettant moins à la quête .L’abbé Grenier, lui, était fier de récupérer un séminariste, pendant son séjour parmi nous.
Grâce à Dieu, je n’ai jamais vraiment hésité dans ma vocation… Une année, pourtant, après la terminale, j’ai douté :
Nous allions rentrer au grand séminaire de Montciel et prendre l’habit (la soutane ); Or j’ai appris que 5 ou 6 copains quittaient cette voie ; et ils étaient des « caïds » en études ; en effet plus tard, ils se sont mariés et ont eu une belle situation. Alors, je me souviens avoir dit dans ma prière : Seigneur, si eux partent, qu’est-ce que je fais là ? Je ne suis pas capable. C’est pourquoi, je me suis reconnu à travers la vocation de Jérémie quand il dit (c’était notre première lecture) « Oh ! Seigneur mon Dieu ! vois donc ; je ne sais pas parler, je ne suis qu’un enfant ! et Dieu reprit :’’Ne dis pas : je ne suis qu’un enfant : tu iras vers ceux à qui je t’enverrai, ne les crains pas car je suis avec toi ».
Je n’avais pas seulement Dieu pour soutien , mais quelques bon amis Hubert Bailly, d’Uxelles Claude Boillon fatigué actuellement avec Michel Cohendet et Bernard Morin . Claude, me prenait à part et me disait ;regarde la responsabilité qu’on t’a confiée,tu vois bien que tu n’es pas plus c…(bête) qu’un autre »
Ce récit de la vocation de Jérémie doit aussi vous parler, à vous les laïcs, quand la tâche vous paraît au dessus de vos forces, quand vous dites : « Je ne suis pas capable », souvenez-vous de cette parole de Dieu à Jérémie : « ne crains pas , je suis avec toi » et de la parole que Jean-Paul II adressa au monde, après son élection : « N’ayez pas peur » !
En 1960, il y a 50 ans, nous étions ordonnés 9 à Saint Laurent au cours de cette célébration, le psaume 15 exprimait notre choix de vie : « Garde moi, mon Dieu, je n’ai pas d’autre bonheur que toi, Seigneur, mon partage et ma coupe » mais ce psaume est la prière que tout chrétien est invité à dire, comme nous l’avons fait tout à l’heure : « Tu es, Seigneur, le lot de mon cœur, tu es mon héritage »
Le 30 Juin 1960, je célébrais ma première messe dans cette église de Saint Pierre et j’étais nommé à Lons ; comme la plupart des prêtres, j’ai commencé mon ministère en paroisse : catéchisme, patronage, messes, confessions toutes les semaines, mais les veilles de fêtes confessions de 9h à midi et de 14 à18h., mouvement scout, je reconnais parmi nous deux cheftaines de notre premier camp louveteaux à la Dévia, différents mouvements d’action catholique de jeunes et d’adultes.
De ces années 60, je garde le souvenir des jolies colonies de vacances, dix années à la Frasnée et à Uxelles, et surtout de huit camp d’adolescentes dans les Hautes Alpes : Entraigues, Le Casset, Névache, je retrouve ici ma monitrice-chef et deux ados qui ont maintenant la cinquantaine.
En 1962, le Pape Jean XIII convoquait le Concile Vatican II.
Nous avons été amenés à de grands changements : l’Eglise n’était plus que le Pape et les Evêques, mais le Peuple de Dieu avec, à son service les Evêques et les Prêtres. C’est pourquoi j’ai choisi, comme deuxième lecture, la première lettre de Saint Pierre qui dit à tous les laïcs que vous êtes : « Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles… vous êtes donc chargés d’annoncer les merveilles de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière »
L’action catholique a toujours compté pour moi comme la J.A.C ,le C.M.R a compté pour vous :un couple représente ici les deux équipes d’A.C.I de Champagnole.
En 1973, j’étais nommé curé à MORBIER pour deux ans puis à MOREZ pendant seize ans. Que de souvenirs en ces dix-huit années et mes Paroissiens de cette époque, ici présents aujourd’hui me font revivre de beaux moments :l’équipe des catéchistes, les chorales paroissiales…
J’ai été appelé à exercer un ministère nouveau, auprès des chrétiens portugais avec qui, au moment des fêtes, nous célébrions une messe dans leur langue.
C’est peut être pendant ces dix huit années passées à Morbier-Morez que j’ai senti combien le monde avait changé depuis mon ordination, et combien l’Eglise devait s’adapter !
En septembre1990, j’arrivais à Mouchard pour inaugurer la cure neuve qui remplaçait celle qui avait brûlé avec le précédent curé … J’y suis resté sept ans. La paroisse s’appelle maintenant Notre Dame de Lorette avec ses 13 villages représentés ici par quelques fidèles paroissiens.
Là aussi, j’y ai connu un ministère nouveau : la pastorale des personnes handicapées, auprès d’hommes et de femmes du C.A.T. de CRAMANS dont je salue certains qui se sont dérangés aujourd’hui avec leur dévouée accompagnatrice , représentant le Père Lucien CONVERSET, empêché !
En 1997, j’ai été nommé à CHAMPAGNOLE où je suis resté sept ans avec Gil Roux, puis Philippe Mercier puis muté à la cure de MONNET-la-VILLE pour m’occuper des paroisses des MONTS de BALERNE et de la COMBE d’AIN avec l’aide de leurs E.A.P. dont j’aperçois plusieurs représentants fidèles.
Dès 1997 et là encore, j’ai vécu un ministère nouveau auprès des malades, comme aumônier de l’hôpital de Champagnole -que je suis
encore en attendant qu’un prêtre ou, sans doute, un laïc soit formé ! Je salue les personnes de la pastorale de la Santé, c’est à dire le personnel soignant et les visiteurs de malades à
l’hôpital et dans les villages et quartiers.
Combien de baptêmes, de mariages, de funérailles ?
Vous souvenez-vous – les plus anciens d’entre vous ? – du baptême d’une cloche à Saint Pierre dans les années 1955/1960 : cette cloche a eu comme marraine Hélène Gros et comme parrain notre Papa Denis, le maire étant Pierre Bouvet..Une banderole mise devant le porche portait l’inscription :« Chante à la joie, chante à la peine » paroles dont un cantique a été tiré. « Chante à la joie, chante à la peine, chante surtout pour Dieu ». Eh bien, n’est-ce pas une belle devise du prêtre et du fidèle de partager les joies et les deuils … et la souffrance physique et morale de chacun ! et de chanter Dieu aux messes du dimanche ?
Mon ministère m’a fait connaître beaucoup de monde, dans 4 villes moyennes et 33 villages ; trop, peut-être car ce sont souvent des connaissances superficielles et déjà, en ces années-là, la mémoire calait, et, ne reconnaissant pas toujours
les personnes, je les abordais par ce trop célèbre : « Qui êtes-vous, Monsieur, ou rappelez-moi votre nom, Madame ». C’est une chance de pouvoir connaître plus profondément de nombreuses personnes, mais aussi une astreinte, car entrer en connaissance d’une personne, d’une famille, c’est un engagement à tenir, quand arrivent évènements heureux ou malheureux.
J’ai souvent évoqué cette difficulté de rester « fidèle » à toutes ces personnes.
L’Evangile nous a fait entendre l’appel des disciples. Parfois c’est Jésus qui invite directement un disciple, mais selon Saint
Jean, les disciples s’invitent les uns les autres ; André va trouver son propre frère Simon et lui dit : « Nous
avons trouvé le Messie, Philippe va trouver Nathanaël : l’appel fait boule de neige.
L’appel nous est confié, essayons d’inviter, de mettre dans le coup, de déléguer notre responsabilité, de voir ce qu’ un homme ou une femme pourrait apporter à l’église, si on l’invitait.
Je garde en moi ce mot de Saint Paul à Timothée : « Je te rappelle d’avoir à raviver le don de Dieu qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains » 2 Tim.6. Après 50 ans, j’essaie de réveiller en moi, la grâce de mon ordination et d’abord de mon baptême. Je vous invite, vous aussi à raviver la grâce de votre baptême et de votre confirmation.
Et, en terminant, je prie pour que des enfants, des jeunes et des moins jeunes répondent à l’appel, et se préparent à être prêtres, diacres, religieux ou religieuses J’ai été un peu plus long que d’habitude mais je voulais remercier Dieu pour tous ses bienfaits ! Amen !